Ann, de Fabrice Guénier

P1030433C’est l’histoire de …
Le narrateur nous entraîne dans l’existence qu’il parcourt avec la jeune Ann. Cette vie leur est propre, double. Régulièrement, le narrateur retrouve Ann en Thaïlande, pour quelques semaines puis rentre en France, puis revient. Pendant ses longues absences, Ann se prostitue. Ann vit. Retrouve ses amies, danse, mange, prépare ses atours pour les occidentaux en quête de sexe et d’expériences. Elle vit tout cela avec une légèreté apparente, un détachement surprenant et sans doute salvateur. Jusqu’au jour où, tout juste rentré en France dans une vie qui semble bien fade, loin des lumières de Bangkok, des bracelets et de la grâce d’Ann, le narrateur ne parvient plus à la joindre …
Pourquoi ce silence ? Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? Qu’est-ce qui la conduit vers cette brutale fin annoncée ? Le narrateur pourra-t-il lui venir en aide ? Adoucir son malheur ?

20120628-231653.jpgCe que j’en ai pensé …
« Ann » est un texte d’une finesse infinie, dont la construction ne souffre d’aucun classicisme. L’hommage à Ann est désespéré et inoubliable. Ce qui restera inoubliable aussi pour moi,  ce sont ces jeunes filles. Elles qui ont de si grands yeux, des conversations si animées, des rires si joyeux. Leur distance nécessaire pour ne pas sombrer complètement. Elles qui rêvent d’une vie meilleure, d’un chemin vers le bonheur, de l’agitation de Bangkok aux campagnes thaïlandaises. Je ne peux pourtant pas m’absoudre de ces pensées pour toutes les Ann qui par le monde n’ont trouvé (que je déteste cette expression ! ) d’autres modes de subsistance que de se vendre à des hommes qui pensent que quelques dollars leur donnent le droit de posséder leur corps. Je ne peux pas.
Au delà  d’Ann, de son histoire d’amour avec le narrateur, de sa condition, il reste le voyage dans cette contrée écartelée et il est magnifique : les couleurs, les senteurs, les lumières, la musique, tout est là !

Aux éditions Gallimard.

PS : je profite de ce post pour remercier Fabrice Guénier et Gallimard pour cette découverte. Sans la petite annonce dans Libération, autant de pensées, d’émotions et de sentiments contradictoires ne se seraient pas fracassés dans ma tête …

PS2 : Bon vent à « Ann » pour le Renaudot !

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Une réflexion sur “Ann, de Fabrice Guénier

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