Les lisières, d’Olivier Adam

C’est l’histoire de …
Paul Steiner, écrivain et scénariste retourne à contrecoeur dans la ville de banlieue parisienne où il a grandi, où il se sentait à l’étroit ; ville de banlieue qu’il rêvait de fuir à toutes jambes.
Ce qu’il a réussi à faire d’ailleurs, abandonnant sur place ses parents, ses amis, … Il vit aujourd’hui dans le Finistère, à deux pas de cet océan qui lui ouvre les poumons et l’esprit. Malheureusement, Sarah, son amour infini, sa force a fini par baisser les bras, et l’a quitté.
Aujourd’hui, alors que ses parents ont besoin de son aide (?), il est confronté à ces années d’enfance dont il a peu de souvenirs, qui recèlent peut-être cette part d’ombre si lourde à porter.

Ce que j’en ai pensé …
Olivier Adam nous plonge avec force dans ce monde en lisières, ce monde parallèle de la classe ouvrière et d’une certaine classe moyenne. Celui où l’accès à la culture est minimaliste, où la curiosité intellectuelle, la soif de connaissances peuvent être regardées avec circonspection, voire avec mépris. Le déterminisme social y fait rage. Les lisières sentent le Formica, le silence du coeur, la précarité et parfois l’intolérance. L’intolérance envers celui qui est différent de soi. En la matière, le champ des possibles est vaste : l’immigré, celui qui a envie de littérature et de cinéma, celui qui réussit …
Ici, pas de feu crépitant dans la cheminée, pas de héros rêvassant un bon verre de Margaux à la main. Ici les préoccupations sont simples : remplir le frigo, parvenir à payer le crédit de la voiture, décrocher un job et le garder.
Même Paul Steiner, qui s est évaporé de ce monde en garde des stigmates. Davantage qu il ne l’imaginait.
Olivier Adam a ce talent de nous faire ressentir ces lisières alors que nous souffrons avec Paul Steiner dont la vie s est effritée.
Olivier Adam a construit un roman riche, empreint de réalisme et nous fait toucher du doigt cette France de 2012 toute en fragmentations.
Le style d’ Olivier Adam évolue. Il s’est « habillé ».Tout en conservant cette plume acérée, le texte se fait plus dense. Le lien et l’amour filial y sont encore une fois tellement vivants et essentiels. Idem pour l’amour amoureux, l’air, l’espace …
Les lisières m’accompagneront encore pendant longtemps. Merci.

Aux éditions Flammarion

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